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Damien Hustinx - Fondation Roger Jacob

Ces objets…

Quand le jardinier-décorateur 1900 agençait de la fausse rocaille et des branchages de ciment, son choix était encore guidé par la Nature, même s’il la détournait sur son propre terrain. Quand Hustinx cimente des objets, il devient évident que n’importe lequel ferait l’affaire : tous égaux devant la mort. On ne peut concevoir d’objet qui pourrait échapper au traitement mortifère à la Hustinx. Seules les réalités non-objectales sont épargnées : celles que la langue isole en termes de masse — l’eau, la terre, l’air…(on peut dire qu’il y a de l’eau dans le verre, on ne dit pas qu’il y a du compotier sur la table).  Autrement dit, les images façonnées par Hustinx s’adressent directement à l’objectivité des objets : il en démontre l’insignifiance, en révélant l’interchangeabilité de tout ce qui passe à l’intérieur du dispositif, et il assure la pérennité des choses en leur refusant toute autre identité que celle de la géométrie et du grain.

Géométrie. Imaginons un arceau de suspension trouvé sur une décharge publique : recouvert de mortier et mis en scène à la façon de Damien Hustinx, le voilà renvoyé à son archétype. Il s’agit de l’eidos primordial de tout arc de cercle. En même temps qu’il manifeste l’insignifiance de chaque objet singulier, le travail de Hustinx renvoie effectivement à un monde platonicien où toute chose pourrait être restituée à son modèle idéal, pourvu qu’elle ait transité par les mains de l’artiste. Étrangement, c’est là que l’assassin se fait créateur.

Grain. C’est l’arme du crime. Je crois que l’on peut tout ôter à Hustinx : les encyclopédies, les revues d’art, les dictionnaires, la Culture. Il lui resterait un goût scandaleux et indéfectible pour le grain de la pâte qu’il nous montre. L’association du sable et du ciment permet des modulations, chaque fois visibles, du mat et du mou, du lisse et du rêche, du compact et du coupant, du sobre et du riche, etc.

Eric Duyckaerts

Extrait du texte concernant la série « Peinture Morte » – 1986 de Damien Hustinx écrit par Eric Duyckaerts et publié dans le n°32 de CLICHES, décembre 1986.

 

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