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Roger Jacob - Fondation Roger Jacob
La sentinelle, acier corten, 14 m et 5 tonnes, 1970, Bouillon.

La sentinelle, acier corten, 14 m et 5 tonnes, 1970, Bouillon.

Roger Jacob (1924-1975) est né à Arlon dans la province du Luxembourg. Il étudie la sculpture à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. En 1949, il s’installe à Corbion, dans les Ardennes belges, où il rencontre Jean Delruelle. Il deviendra un acteur discret mais présent dans la dynamique culturelle de l’époque.

Son art est partagé entre figuration et abstraction. Il réalise des commandes publiques et privées et de nombreux portraits. En 1970, il déménage à Liège et sa vision artistique évolue définitivement vers le non figuratif.

Sans titre, plâtre, 20 x 10 x 8 cm, entre 1950 et 1960.

Sans titre, plâtre, 20 x 10 x 8 cm, entre 1950 et 1960.

 

Une de ses grandes préoccupations était l’intégration de l’art dans l’espace public. L’utilisation de l’acier cor-ten lui permet d’envisager la réalisation d’œuvres de plus grands formats. Ainsi voient le jour des œuvres monumentales, dont le Croisé à Bouillon.

L’histoire de l’art prend presque toujours la forme d’une excursion sur les sommets. Seul un petit nombre de noms semble digne de figurer dans son panthéon. On y fige la prédominance des centres sur les périphéries en occultant les conditions de cette domination, notamment tout ce qu’elle doit à la géopolitique et à l’économie. La sacralisation de l’artiste tourne à plein régime, les mythes prospèrent. L’histoire de la vie quotidienne des arts n’est donc que rarement écrite.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la redécouverte d’un artiste n’ayant connu qu’une carrière et une notoriété régionales est toujours une bonne nouvelle, et qu’elle mérite d’être encouragée.

Roger Jacob (1924-1975) vécut longtemps dans une province « reculée » – du moins dans la perception locale. Largement autodidacte, il fut pourtant un artiste d’une extrême exigence, portant haut sa conception de la sculpture. Il a d’autant plus souffert du manque de reconnaissance éprouvé de son vivant, et que sa mort a transformé en oubli. Une injustice qui semble s’estomper grâce à la persévérance et à la force de persuasion de ses amis et proches, réunis dans une fondation qui porte son nom.

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Les Cracheurs, pierre naturelle, 3 éléments de 55 x 55 cm, 1957, Mont des Arts, Bruxelles.

Son œuvre, qui ne manque ni de variété ni de richesse, reflète les influences multiples de son époque. De la figuration à l’abstraction, des « Cracheurs » du Mont-des-Arts (Bruxelles) à la sculpture non figurative réalisée pour une usine de la société de Prayon (Engis). Le parcours de Roger Jacob l’a progressivement mené à s’interroger sur les rapports entre la sculpture et l’architecture puis, au-delà, avec la société dans son ensemble.

Porteur des utopies les plus nobles de son époque, il aspirait à « établir une œuvre durable où l’homme (pourrait) s’inscrire », et à « trouver un équilibre entre la rue et l’habitat ». Quel que soit le temps écoulé, le vœu inaccessible qu’il exprima deux ans avant sa mort, « retrouver la paix dans le volume, la lumière, le mur », conserve sa puissance évocatrice. Comme bien d’autres artistes de son temps, il rêvait que l’art « descende dans la rue, occupe les usines (et) les bâtiments publics ». On peut sourire de cette naïveté datée. On peut aussi souscrire à son programme volontariste selon lequel « si les gens ne vont pas à l’art, il faut que l’art aille aux gens. »

La redécouverte de Roger Jacob représente un pas vers l’élargissement de notre vision des arts de la seconde moitié du XXe siècle dans nos régions. Permettre à son œuvre de s’eprimer aujourd’hui dans l’espace public, comme elle en a la vocation, constituerait une revanche d’autant plus éclatante qu’elle s’exercerait au profit de tous.

Yves Randaxhe,
Historien de l’art.

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Couple, métal soudé, 45 x 10 x 7 cm et 60 x 10 x 8 cm, entre 1970 et 1975.

Un grand artiste
Un grand ami

Le sculpteur Roger Jacob, de Corbion, qui fit l’an dernier, sous le signe de l’Ecole d’art de Florenville, une exposition remarquée, dans les locaux de la Fondation « George Linze », de la Tour Poivrière, étudie à l’Académie de Bruxelles. La sculpture l’avait tenté depuis ses plus jeunes années malgré la résistance de ses parents. Puis vinrent la guerre, la lutte contre l’occupant, la Brigade Piron, la campagne de Hollande… Le jeune artiste s’installe à la Cité Universitaire à Bruxelles et fait des portraits, des compositions. Il se cherche. C’est à ce moment qu’il aurait fallu, au sculpteur, un bon atelier et un bon maître. Mais ces choses sont rares en Belgique. Roger Jacob suit les cours de l’Académie de 1947 à 1949, sans grand enthousiasme et déclare d’ailleurs : « ce fut amplement suffisant ». il admire Jespers et les grands poètes de la matière que sont Brancusi, Zadkine, Moore…

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Sans Titre, pierre bleue, 48 x 14 x 18 cm, entre 1960 et 1970.

Chez Roger Jacob, le passage du figuratif à l’abstrait fut très lent. Lui-même n’explique pas clairement cette transformation fondamentale, ce phénomène, pour lui, irréversible. Il y a, dans cet art nouveau, plus d’intensité, moins de facilité et pourtant plus d’absolu et de profondeur. Qu’on le veuille ou non, c’est l’art d’une époque qui se cherche et qui s’exprime originalement. Comme chez tout artiste créateur, il y a chez Roger Jacob, une fierté qui confine à l’agressivité. L’artiste, conscience de la société, s’isole souvent pour mieux la voir et l’exprimer.

Le poète, a-t-on dit, au colloque 1968 de l’Ecole d’art de Florenville est un être immensément seul, mais c’est la voix secrète de tous. Roger Jacob choisit délibérément cette position de combat. Il travaille au sein d’une civilisation troublée, nouvelle. Il ne craint pas de commander des pièces à l’usine, qu’il unira après au chalumeau. La pensée va et vient. Roger Jacob travaille à un signal routier de 9 m. de haut pour une autoroute (carrefour de Curfooz) pour en rompre la monotonie et en même temps fixer l’esprit sur un haut lieux de l’Histoire. D’autres oeuvres naissent lentement où se marient étrangement l’intelligence et la sensibilité d’aujourd’hui.

Georges Linze.

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Sans titre, pierre bleue, 50 x 19 x 8 cm entre 1950 et 1965.

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