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Petite Vitrine d’été : Mario Garzaniti - Fondation Roger Jacob

Sans titre, acrylique papier, 73×55 cm

Sans titre, gouache sur papier 21×13 cm

Che cosa succede?

 

Un soir caniculaire de l’été 71, nous revenions d’une soirée. L’air chaud enrobait la rumeur du Carré encore en effervescence.

C’est dans cette moiteur chargée de sons et de lumières artificielles que mon attention fut attirée par une lueur qui dramatisait un tableau étrange au deuxième étage de l’immeuble d’angle.

L’homme avançait dans une lente et constante progression vers la femme qui le fixait intensément tout en reculant en parfaite synchronisation.

Leur harmonieux mouvement était inquiétant, car orienté vers la baie de fenêtre grande ouverte au vide chaud de la ville, mais ni l’un ni l’autre ne semblait s’en soucier.

Stoppée par l’allège, leur étreinte passionnée figura un renversement lent, mais croissant. La retenait-il ou la poussait-il ? S’agrippait-elle ou l’entrainait-elle dans sa chute probable ?

 

Mario Garzaniti,

Liège, 1er avril 2016.

Sans titre, acrylique sur papier, 73×55 cm

Sans titre, gouache sur papier, 21×13 cm

Sans titre, acrylique sur papier, 73×55 cm

Sans titre, acrylique sur papier, 73×55 cm

Sans titre, acrylique sur papier, 70 x 55 cm

Sans titre, acrylique sur papier marouflé sur toile, 70×100 cm

DUEL

 

A l’ouest, la maison est entièrement ouverte. Il n’y a pas de structure excepté une fine colonne placée légèrement oblique sur l’horizon. La paysage quotidien semble statique, sans âge et cependant habité des sonorités permanentes du vent dans les arbres, des oiseaux, des colères des ciels déchirés.

Face à ce tableau de sons et de statismes immuables, j’ai accroché la toile de Mario Garzaniti sur le seul mur de plâtre blanc de toute la maison. Ce tableau, fenêtre colorée, capte le regard tant le mouvement y est impliqué, soutenu par le silence tenace qui renforce l’attente que quelque chose se passe, comme un aimant inquiet.

La peinture n’a pas de cadre. Entoilée sur de la jute, elle soulève ses coins inférieurs. La toile dit qu’elle est matière, lin tissé, les bords déchirés mettant à nu trame et fils. La matière visible renforce la matérialité de la scène qui y est décrite.

Le sujet m’est familier tant le peintre s’y est exercé, l’a abandonné, recommencé, déchiré, repris à nouveau. Cette errance traduite dans une trentaine de croquis et de peintures, d’un sujet, toujours le même, emmène le spectateur, à force de concret, de figurations reprises à chaque fois, dans un mouvement subtil, vers un paysage marqué d’abstractions. Le sujet se décolle doucement de la toile pour saisir, au travers de la quête du peintre, la part de symboles et de tension picturale que suggère l’intemporalité des signes.

L’esprit du peintre -mais ausi de l’architecte et du musicien-, Mario Garzaniti, imprime à chacun de ses pas la volonté de raconter le monde et de se servir de chaque opportunité pour établir un récit. La peinture accrochée au mur conte la dualité de l’ombre et de la lumière, de l’homme et de la femme, du haut et du bas. Comment nommer sans la recherche d’un terme opposé?

Mais cette dualité m’entraîne à voir le vrai travail du peintre, ce duel qu’il convoque à chaque moment, à chaque rencontre avec le papier, les supports, les pinceaux, les ombres et les couleurs. Ce duel intérieur qui tente de voir au dedans, avec si peu de certitude d’y parvenir, avec l’espoir que cette vision de soi donne à l’autre l’occasion de voir à son tour.

Face aux bruits incessants du monde, je reste là, doigts suspendus quelques millimètres au dessus des touches du clavier, ému qu’une toile, ce bout d’étoffe, affecte pensée et âme dans ce silence lumineux.

 

Pierre Hebbelinck,

Othée, 10 avril 2016.

Sans titre, acrylique sur papier marouflé sur toile, 100×70 cm

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