« Le triptyque de monochromes de Rodchenko annonçait la mort de la peinture, tandis que, après les années 50, les tableaux noirs de Stella annonçaient celle de l’abstraction. Et pourtant, les artistes continuèrent à peindre et à faire de l’abstraction. Pour beaucoup, même, peindre demeure un geste poétique et unique par lequel transitent et s’expriment la mémoire, la présence, l’âme. Un geste fort qui pénètre le subconscient autant qu’il construit, en totale conscience, une identité. Car dans ce corps, dans cette main en mouvement, c’est l’âme du peintre qui se dévoile, donnant ainsi un caractère universel à l’intime. Les mots s’avèrent indigents lorsqu’il s’agit de parler de ce processus vital. On parlera d’énergie, de sensibilité, d’optimisme. L’énergie de Jean-François Cuda se déploie sur la toile, elle nous explose la vue de ses coups résolus, nous appelle, nous interroge. Les champs de couleurs et les formes flottantes traduisent les mille nuances, la sensibilité à fleur de doigt de l’artiste, mais aussi un optimisme qui tient de la foi dans l’art et dans la vie et s’offre au spectateur dans des nuances chromatiques jamais avares, toujours généreuses, ainsi que dans les constructions audacieuses. Jean-François Cuda est un chercheur du geste pictural fondamental. C’est la raison pour laquelle ses peintures ne nous laissent pas indifférents. Leur cohérence et leur complexité nous amènent à imaginer et à construire, à notre tour, par le jeu des associations, notre propre intimité. Les éléments architecturaux structurent parfois les toiles tout en nous suggérant des paysages, remémorés ou intérieurs. Les toiles de Cuda nous transmettent certes les états d’âme de l’artiste, mais au-delà et surtout, la conscience d’une existence singulière, la nôtre. »

2018, Genaro Marcos Navas,

RTC

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